Crystal Dubois | Geneva Summit – 13th March 2012
Ce mardi 13 Mars 2012, quelques élèves et moi-même avons assisté à la Conférence des Droits de l’Homme au centre de Conférence à Genève.
Voici deux extraits de deux articles que j’ai écris. Le premier raconte les conséquences du crime d’honneur et ce qu’on peut faire pour le prévenir.
Le second, est un témoignage d’un Coréen qui a été emprisonné dans une prison Nord Coréenne et où il raconte l’horreur de son incarcération.
• Le crime d’honneur :
« Un crime déjà connu par nombre d’entre nous mais peu discuté.
Aujourd’hui, à la conférence des Droits de l ‘Homme à Genève, Jacqueline Thibault, directrice de la fondation Surgir nous a rappelé le réel besoin qu’avaient les gouvernements à prévenir ces crimes et à protéger ses victimes.
Le crime d’honneur est une coutume patriarcale non religieuse légitimant l’assassinat par un membre de la famille d’une jeune fille ou jeune femme suspectée d’avoir enfreint le code de l’honneur familial. L’honneur de la famille étant ici représenté par la virginité de la jeune fille.
Selon l’ONU, il y a 5000 femmes tuées chaque année par crime d’amour. Les associations témoignent d’au moins 2 ou 3 fois plus de victimes. On constate donc que les chiffres sont élevés et que cette méthode est donc répandue.
Les endroits qui connaissent le plus haut taux de crimes d’honneur sont le Moyen Orient, L’Asie Centrale, l’Europe et l’Amérique du Sud. On remarque donc que ces cas ne sont pas isolés dans les pays islamistes, ils se rependent rapidement en Europe.
Et certains gouvernements ont déjà adapté leur politique à ce problème. Le Royaume-Uni par exemple, connaît officiellement et actuellement 12 crimes d’honneur par année. Le gouvernement a mis en place une politique détaillée de prévention et de répression de ce crime.
La fondation Surgir soutient les femmes qui connaissent des violences coutumières. Le mariage forcé, le crime d’honneur, les problèmes vis à vis de la dote en Inde sont des violences que les femmes que soutient la fondation ont traversés.
Surgir, en travaillant avec des associations locales aide ces femmes à qui les droits ne sont pas reconnus. Lorsque les associations locales n’ont pas de réel effet, la Fondation fait venir ces victimes en Suisse ou en Europe afin de les aider d’avantage et de leur sauver la vie. Ainsi, elle a fait venir plus de 65 personnes en Europe pour les sauver de leur situation.
La solution pour diminuer ces crimes d’honneur est de faire un plan d’action concret dans chaque pays. Il faut tout d’abord faire de la prévention dans les écoles afin d’éduquer les enfants et les jeunes qui pourraient être victimes ou témoins de ce crime. D’autre part, il faut ensuite prévoir une formation de professionnels qui pourront être apte à aider les jeunes femmes qui en ont besoin.
Et, pour finir, il est nécessaire de protéger les victimes en les éloignant de leurs familles et de leur environnement qui pourrait leur être dangereux.
Ensuite, il faudrait changer leur identité et les intégrer au nouveau système dans lequel elles se trouvent en leur faisant apprendre la langue locale ou encore en leur donnant de l’argent pour qu’ils puissent vivre jusqu’à ce qu’ils soient indépendants.
En conclusion, le crime d’honneur est une atrocité pour le statut de la femme étant donné que de jeunes femmes qui ont encore toute leur vie devant elles sont tuées parce qu’elles ont voulu disposer de leurs droits humains et décider de leur destin.
Par ailleurs, il est intéressant de souligner les résultats d’une étude qui a eu lieu en Jordanie. Les médecins légistes y ont remarqué que sur tous les cadavres de jeunes filles assassinées par un crime d’honneur, 80% étaient vierges et donc innocentes du crime dont on les accusait. »
• Violations des droits de l’homme en Corée de Nord : Témoignage d’un ancien prisonnier des camps.
« Les réfugiés sont traités comme des sous humains.
Pour commencer, à l’entrée dans les camps, les prisonniers sont forcés de rentrer agenouillés, les mains sur leur tête, par une minuscule porte. Ils sont ensuite fouillés intégralement (parties génitales et tout le corps) pour vérifier qu’ils ne cachent pas d’argent.
Fréquemment, les prisonniers avalent leur argent dans des petits sacs plastiques. A ces fins, les soldats les forcent à se mettre dans des positions déshonorantes afin de vérifier qu’ils n’ont rien caché.
Nous sommes enfermés par 40 dans une petite cellule. Nous ne pouvons pas tous nous allonger. Nous sommes forcés à se coucher à 1h de matin et à se réveiller à 5h du matin.
Nous sommes interrogés pour n’importe quelle raison ce qui crée un sentiment de panique. Nous risquons de nous faire tuer publiquement ou de nous faire enterrer vivant.
Les tortures sont communes : matraquage, fouet corporel, on force les gens à marcher sur du verre ou sur des clous. On bat les femmes enceintes en les frappant sur le ventre pour provoquer un avortement. On force les prisonniers à se battre entre eux. Les victimes avouent donc des crimes qu’ils n’ont pas commis.
Il y a également des agressions sexuelles sur les femmes.
Beaucoup de prisonniers tentent de se suicider en sautant d’un train en marche. Je l’ai fait mais c’était dans le but de m’échapper.
Les enfants, les personnes handicapées, les femmes, les personnes âgées sont soumis au travail forcé. Le retard pris par ces derniers est imposé aux autres prisonniers qui doivent rattraper leur travail. Cela a pour conséquence que les prisonniers finissent par haïr “les plus faibles”. Ils les excluent, les battent et ceux qui en meurent sont enterrés sans obsèques.
Je connais des Coréens réfugiés qui ont réussi à s’enfuir des camps, j’en fais partie, qui craignent de se faire rapatrier et qui vivent avec une lame de rasoir ou des médicaments continuellement près d’eux. Ils préfèrent en finir avec leur jour ainsi au lieu de retourner des ces endroits qui ressemblent à l’enfer.
Aujourd’hui, je ne peux toujours pas dormir, j’ai des insomnies où j’entends encore le bourdonnement des instruments de torture que j’ai subi. »